Joë Bousquet tra Arte e Vita

Per conoscere, e vivere, il buio occorre la visione: questa, per me, è l’origine del forte legame tra l’Arte e la Vita di Joë Bousquet.

Nella camera di Carcassonne (che in effetti era la biblioteca di casa dove lo scrittore scelse di farsi trasferire al suo ritorno dalla guerra) Joë Bousquet ha ricevuto quasi due generazioni di artisti, persone come Paul e Gala Eluard, René Magritte, André Breton, Max Ernst, Luis Aragon ed Elsa Triolet, Hans Bellmer, Gaston Galllimard, Paul Valery, Simone Weil, Andre Gide, Julien Benda ecc. La camera in rue de Verdun era piena di libri e di quadri, dipinti favolosi a volte comprati a volte donati dai suoi amici pittori; molte tele erano anche oggetto di interessanti contrattazioni artistiche e venivano direttamente acquistate dalle numerose persone che frequentavano la “stanza incantata”.
Grande appassionato di pittura e di poesie, Bousquet, nella sua camera di “legno sottomarino”, si circondò di opere di Tanguy e Max Ernst, Dalì e Magritte, Malkine e Bellmer, Brauner, Chagall, Arp, Ubac, Dali, Derain, Dubuffet, Fautrier, Kandinsky, Klee, Lhote, Masson, Michaux, Miro et Picabia..

In una lettera inviata a Ginette, abbiamo un esempio di come Bousquet si “procurava” la sua visione;

Estève t’a-t-il dit que j’attendais un tableau magnifique de Salvador Dali ? Il y a six mois que je m’efforce de me le procurer. Prévenu par Eluard et Goernans, un autre poète, qu’il allait être lancé en novembre, j’ai négligé de lui acheter une toile avant que les snobs riches aient établi leurs prix. Et je me suis réveillé, après l’exposition qu’il a faite au milieu d’un succès prodigieux, devant des toiles dont la plus petite se vendait douze mille francs. Atterré. Un ami à moi qui vend des tableaux à Paris diminuait ce prix de moitié sans se mettre encore à la portée de ma possibilité d’achat… Enfin, je m’étais rabattu sur un petit tableau de Magritte, qui s’appelle L’Idée fixe, et que tu verras dans ma chambre…
Je viens de vérifier qu’il suffit d’introduire une femme dans une affaire pour qu’elle s’arrange à merveille. Gala Eluard (la femme de Paul), une jeune Russe délicieuse qui est venue à Carcassonne l’année dernière et qui est la meilleure des amies, passant un mois au bord de la mer en compagnie de Dalí, s’est chargée de séduire le peintre en ma faveur, et de me faire vendre directement, en dehors de son contrat, une belle toile. Le dernier prix que l’on m’avait demandé étant ainsi coupé en deux, je me suis trouvé à la hauteur de l’achat : trois mille francs. Je n’ai jamais encore payé un tableau si cher. Mais je n’en aurai jamais eu de si beau. Quel dommage que S… ne le voie pas. Gala me l’a décrit dans une lettre : je ne l’aurai qu’au commencement du mois prochain. Il s’appelle Le miel est plus doux que le sang
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Imagine un ciel et un sol, avec un corps de femme, un âne pourri couvert de mouches, des seins ailés dans les nuages, une véritable merveille.
Le tableau que démolit cet idiot de S… et qu’il appelle Retour du front est dans ma chambre. Il ne s’est jamais appelé Retour du front mais Le Dernier Retour, et il n’y a rien de militaire ni de guerrier là-dedans. C’est tout simplement l’éclair d’une lampe électrique qu’on allume dans une cuisine, cet éclair qui ne vous ouvre que dans une espèce d’éblouissement les yeux fatigués par l’ombre des rues… Tu as remarqué comment dans ce rayonnement, tous les détails échappent ; et Malkine, pour mieux mettre cela en évidence, a peint dans un rayonnement coloré la lampe électrique, une bouteille de lait dont la blancheur absorbe et fixe le rayonnement, lui donne un corps, la porte, toute petite au loin, et pour mieux introduire la vie dans le tableau, cette vie qui est refusée à S…, une araignée surprise par la lumière, qui fuit…”

Di Max Ernst, amico e pittore preferito, Bousquet possedeva più di 25 tele e disegni.
In un suo libro Bousquet descrive le circostanza del loro primo incontro:
Un jour j’ai été profondément troublé par un poème d’Eluard, j’ai senti que cela tuait tout ce que l’on avait jusque-là appelé poésie. J’ai écrit à Eluard. Bientôt j’ai vu en reproduction les premiers Max Ernst. A peine le peintre sut-il dans quelle situation je me trouvais, il m’envoya une toile splendide, une forêt merveilleuse entourée d’un cadre qu’il avait étoffé avec deux bandes de liège vierge. Saisi d’une émotion inconnue à la vue de cette peinture, j’arrachai à pleines mains les mancohons de liège, me blessai aux très larges clous qui les fixaient à la baguette ; et demeurai haletant devant cette image enfin nue comme un miroir sans fond où la matière – millions d’oiseaux d’air dans une fibre ligneuse se renouvelait comme une cascade”… “
Chaque fois que la durée de ma survie m’a paru intolérable, j’ai aussitôt pardonné à mon infortune, rien qu’à lever les yeux sur les tableaux dont mon ami m’avait entouré, avec lesquels il m’a élevé, m’a préservé.”

La loro amicizia durò tutta la vita e Bousquet, non smise mai di essere grato ad Ernst del sollievo che gli procuravano i suoi quadri:

j’ai respiré dans ton oeuvre, parce que je l’ai toujours trouvée entre le désespoir et moi, parce que tu es, vraiment de toute éternité, celui qui allait passer sur la route où l’on ramassait mon corps.”

Altro amico e pittore amato è stato René Magritte, con il quale Bousquet ebbe una lunga e intensa corrispondenza epiastolare:

Di quanto fosse ricca la natura della visione che sostenne il poeta nel corso della sua vita difficile, ne abbiamo prova nella collezione di tele trovate nella casa di Carcassonne dopo la sua morte, dove compaiono, tra gli altri, dipinti di:

Hans Bellmer

Jean Dubuffet

Yves Tanguy

Jean Miro

Kandinsky

Fautrier

J’avais acheté sans les voir deux tableaux à l’hôtel Drouot: des fleurs de Fautrier —un nu de Kvapil.

Pour le nu, j’avais hésité : c’était le premier à introduire au milieu de mes surréalistes. Aujourd’hui la caisse arrive. La bonne déballe, pendant que, couché à 6 h du matin, je faisais la sieste. J’ouvre l’œil : le tableau était là : de face, une jeune femme assise, très nue, un nu craquant, ardent, très peint : un beau visage. Je regarde : ces hanches me disent quelque chose : soudain, ma bonne (tu vois d’ici, les airs connaisseurs —moi —je donne mon avis) à me faire rêver : « C’est le portrait de cette dame qu’on a dit que c’était mademoiselle Conquet ! » Le plus pur, c’est que c’est assez peu ton visage, mais une ressemblance indéniable rôde autour de la taille et du bassin ; il faudrait voir l’autre côté. Bien qu’il y ait peu d’espoir, je vais démonter le cadre pour voir si Kvapil n’aurait pas eu la fantaisie de peindre en secret l’autre côté. Il est arrivé que des peintres s’y amusent. Et, quand un miracle a commencé!” (in una lettera a Ginette).

Come dice Marco Dotti nel suo bell’articolo ” Per Joë Bousquet non vi era via più sicura, e serena, al dispendio di sé che quella rappresentata dal perdersi, giorno per giorno, sguardo dopo sguardo «in una foresta di immagini».”

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* in copertina
Sirènes –
Georges Malkine