.. “rouge temps”, et noirs. Un solo cammino: il cuore. Celan e Char

Chi, vagabondando per i viali della città, non ha sognato un mondo che invece di cominciare con la parola esordisca con le intenzioni?

René Char

Paris, le 6 janvier 1960

René Char! Je voudrais vous dire, en ce moment, qui est celui de votre peine, quelle est ma peine. Le Temps s’acharne contre qui osent être humains – c’est le temps de l’anti-humain. Vivants, nous sommes morts, nous aussi. Il n’y a pas de ciel de Provence; il y a la terre, béante, et sans hospitalité; il n’y a quelle. Point de consolation, point de mots. La pensée – c’est une affaire des dents. Un mot simple que j’écris: coeur. Un chemin simple: celui-là. Un chemin simple, c’est le seul, ne le quittez pas [..]

da un lettera non inviata di Paul Celan a René Char

Schibboleth

Avec mes pierres, les grandes,
pleurées derrière les grilles,
on me traîne sur la place pubblique,
où se déroule un drapeau
à qui nul serment ne me lie.

Flûte,
double flûte de la nuit,
souviens-toi du sombres
rougeoiement jumulé
de Vienne e de Madrid.

Mets en berne ton drapeau,
Souvenir.
En berne,
pour aujourd-hui et pour
tousjours.

Coeur:
même ici, manifeste-toi,
ici, sur la place publique.
Clame le Shibboleth
dans ton pays etranger:
Février. No pasarán!

Licorne:
tu sais ce qu’il en est des pierres,
tu sais ce qu’il en est des eaux;
viens,
je t’emmène avec moi
vers les voix d’Estrémadoure.

Paul Celan

“point oméga”

 

Nous savons que “l’impossible” n’est pas une énigme mais l’ombre d’un acte obligé indéfiniment reconduit. C’est avec douleur que nous l’apprenons au revers des jours et du Temps. Il nous faut donc “être” dans la perspective de cet impossible, enfin lui obéir en nous retirant de son mur compact et de son ombre piégée . [..]

da una lettera di René Char a Gisèle Celan.

La couleur noire renferme l’impossible vivant. Son champ mental est la siège des tous les inattendus, de tous les paroxysmes, et “l’impossible nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne”. Char

* Tutte le foto sono
di Trevor Panglen

** le poesie sono tratte da
-Corrispondenza tra René Char e Paul Celan
-Lettera amorosa.

*** Schibolleth è una parola di origine ebraica, presente nell’Antico Testamento, che potrebbe essere tradotta come segno di riconoscimento.
“Il termine shibboleth indica una parola o espressione che, per le sue difficoltà di suono, è molto difficile da pronunciare per chi parla un’altra lingua o un altro dialetto. Per questa ragione, la parola viene scelta come contrassegno per distinguersi dai parlanti di altre comunità. Chi non è capace di pronunciarla correttamente viene quindi riconosciuto come straniero” (vedi su wikipedia).